Que faire ?

Face à un animal sauvage blessé

S’assurer qu’il est en détresse

Avoir les bons gestes

Se déplacer jusqu’au Centre

S’assurer qu’il est en détresse

Avant d’agir, demandez-vous toujours si l’animal a vraiment besoin d‘aide. Faut-il ramasser ce bébé chouette ? Peut-on donner du lait à un hérisson ? Dois-je donner des graines à ce petit oiseau ? Il y a plus de 750 espèces de vertébrés que vous pourriez trouver tout près de chez vous. Les bons gestes seront différents pour chaque espèce… Surtout : ne vous improvisez pas soigneur qualifié, c’est un métier à part entière et vos réflexes ne sont pas forcément les bons. Avant d’agir, consulter les fiches conseils réalisées par différents centres de soins et surtout : contactez le centre le plus proche de chez vous. Voir le site de la « Médiation Faune Sauvage de la LPO AURA » : ici.

Epervier d’Europe
(accipiter nisus)

Martinet noir
(apus apus)

Faucon pèlerin
(falco peregrinus)

Etourneau sansonnet
(sturnus vulgaris)

Hibou moyen-duc
(asio otus)

Avoir les bons gestes

Une fois que vous vous êtes assuré que votre réflexe de protection est le bon, il ne reste plus qu’à suivre ces 6 étapes avant de conduire l’animal sauvage blessé jusqu’au centre de sauvegarde/soins le plus proche de chez vous.

Etape 1 : pas de bruit

Il faut rester calme, faire le moins de bruit possible, les animaux sont des êtres sensibles qui stressent rapidement.

Etape 3 : contenir l'animal

Placez l’animal dans un carton adapté à sa taille percé de quelques trous sur le dessus (à l’aide d’un stylo, de la taille de la pointe, pas plus gros), avec un fond de papier journal. N’employez surtout pas de cage à oiseaux, les animaux sauvages ne supportent pas la captivité, ils cherchent à s’enfuir par tous les moyens et risquent de se blesser.

Etape 5 : laisser à jeun

Ne lui donnez ni à manger, ni à boire sans avoir reçu les conseils d’un professionnel.

Etape 2 : se protéger

Utilisez des gants et un vêtement épais pour attraper l’animal et le manipuler. Ayez le réflexe de lui cacher la tête avec un linge pour limiter son stress. Attention aux serres de rapace (comme leur nom l’indique ils serrent très fort et ont de puissantes griffes), aux ailes de cygne (très puissantes elles peuvent casser un bras), aux becs des échassiers ( qui sont pointus et tranchants comme un couteau) et à la détente de leur cou (très bien adaptés pour la chasse et la pêche, ils peuvent surprendre) ainsi qu’aux griffes et dents des mammifères (certains peuvent transmettre des maladies).

Etape 4 : isoler l'animal

Isolez-le dans un endroit calme et chaud. Vous pouvez mettre une bouillotte dans son carton, si l’animal est choqué ou très jeune.

Etape 6 : le confier à des pros

Le conduire le plus rapidement au centre de soin le plus proche de chez vous. Attention, le transport d’animaux sauvages ne peut normalement se faire sans autorisation. Toutefois il existe une tolérance pour amener un animal vers un Centre.

Faon de chevreuil
(capreolus capreolus)

Levreaux
(lepus europaeus)

Hérisson d’Europe
(erinaceus europaeus)

Renard roux
(vulpes vulpes)

Ecureuil roux
(sciurus vulgaris)

Se déplacer jusqu’au Centre

La prise en charge des animaux sauvages est gratuite, les associations œuvrent au quotidien à la protection de la faune et ne fonctionnent que par subvention et dons privés. Les centres de sauvegarde/soins n’ont pas les moyens humains et financiers pour se déplacer à chaque animal sauvage blessé ! Il est donc de votre responsabilité de faire parvenir l’individu au centre de sauvegarde/soins le plus proche de chez vous. Oui cela peut prendre 1h/2h et même 3h. Oui cela fait faire 40km/60km et même 80km allez-retour. Oui cela n’entrait pas dans votre planning de la journée. Oui cela contrarie vos plans mais : oui cela en vaut la peine puisque ça permet de sauver un être-vivant.

Réglementation liée à la faune sauvage

Est-ce que je peux détenir un animal sauvage ?

La détention par un particulier d’un animal sauvage prélevé dans la nature est interdite. Même s’il ne s’agit pas d’une espèce protégée. Si un particulier détient un hérisson, un renard, ou une buse, cela constitue une infraction au code de l’environnement. La sanction peut atteindre un an d’emprisonnement et 150 000€ d’amende. C’est l’Office Français de la Biodiversité qui est chargé d’aller contrôler la légalité de la détention d’un animal.

Puis-je transporter un animal sauvage en détresse ?

Le transport d’un animal sauvage (vivant ou mort) est interdit, particulièrement quand il s’agit d’une espèce protégée, sauf en cas de dérogation accordée par l’administration. Toutefois, une circulaire du 12 juillet 2004 reconnaît la notion d’animal en détresse. Elle autorise aux particuliers qui découvrent un animal en détresse incapable de pourvoir lui-même à sa survie dans le milieu naturel, de le transporter vers le centre de sauvegarde le plus proche et par le chemin le plus court après avoir prévenu le centre de sauvegarde et l’OFB, la gendarmerie ou la police.

Est-ce que tout le monde peut soigner un animal sauvage ?

Non. Un centre de soins est un établissement réglementé, qui dispose d’une personne titulaire d’un certificat de capacité, et d’une autorisation préfectorale d’ouverture. Un particulier, même bien intentionné, n’est pas en droit d’apporter des soins à un animal sauvage. Il en va de l’intérêt de l’animal, qui a besoin des compétences en biologie et en médecine vétérinaire d’une part et de structures de soins et de réhabilitation adaptées d’autre part, lesquelles sont présentes dans un centre de soins.

Les vétérinaires ont-ils le droit de soigner des animaux sauvages blessés ou en détresse ?

Tous les vétérinaires ont le droit d’apporter des soins à un animal sauvage en détresse, peu importe son espèce, et selon leur niveau d’équipement et de compétences. S’ils décident de ne pas le faire, ils doivent renvoyer cet animal vers un confrère capable de le soigner (ou un centre de soins).

L’article Code Rural art. R242-48 précise : « le vétérinaire doit répondre, dans les limites de ses possibilités, à tout appel qui lui est adressé pour apporter des soins d’urgence à un animal d’une espèce pour laquelle il possède la compétence, la technicité et l’équipement adapté ainsi qu’une assurance de responsabilité civile professionnelle. S’il ne peut répondre à cette demande, il doit indiquer le nom d’un confrère susceptible d’y répondre. En dehors des cas d’urgence, il peut refuser de prodiguer des soins à un animal. »

D’autre part, la Circulaire du 12 Juillet 2004 précise :

« Les cabinets vétérinaires peuvent être amenés à recevoir de la part de particuliers des animaux blessés.  Les vétérinaires ont alors légitimement le souci de donner les premiers soins si ceux-ci permettent de préserver la vie de l’animal. »

Toutefois, une fois les premiers soins apportés, l’animal doit être transféré vers un centre de sauvegarde dans les 72h.

Quels sont les textes de loi qui parlent des centres de sauvegarde/soins de la faune sauvage ?

L’arrêté du 11 septembre 1992 relatif aux centres de sauvegarde de la faune sauvage, précise les conditions de fonctionnement et les caractéristiques des installations des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage.

Arrêté du 12 décembre 2000 fixant les diplômes et les conditions d’expérience professionnelle requis par l’article R. 413-5 du code de l’environnement pour la délivrance du certificat de capacité pour l’entretien d’animaux d’espèces non domestiques

Article R242-48 du Code rural : devoirs fondamentaux des vétérinaires

Circulaire du 12 juillet 2004 : relative au suivi des activités des centres de sauvegarde pour animaux de la faune sauvage

Circulaire DNP/CFF n° 2005-06 du 7 juillet 2005 relative à la réintroduction de jeunes oiseaux dans la nature par la technique dite du « taquet ».